L'élaboration de l'expérience canadienne de surveillance sismique dans l'Extrême Arctique (CHASME) comportait deux objectifs principaux : améliorer la couverture offerte par le réseau dispersé dans la région de l'Extrême Arctique dans le but d'acquérir de nouveaux renseignements sur la sismicité locale et régionale, et étudier les variations régionales au niveau de la structure de la croûte et du manteau supérieur de manière plus détaillée que ce qui était possible auparavant. On a déployé sept stations sismiques temporaires à bande large dans les collectivités de l'Extrême Arctique canadien et de la partie occidentale du Groenland, cette dernière étant partagée avec le projet GLATIS en cours. Les stations ont été munies de numériseurs Orion nanométriques et de sismomètres CMG-3ESP et CMG-40T Guralp. Les numériseurs, qui ont été installés dans des bâtiments des collectivités, sont alimentés par le réseau local et entretenus par des exploitants locaux comme des agents de la GRC, des employés d'aéroports et des scientifiques locaux. Les stations ne sont pas exploitées en temps réel; les données sismiques de niveau II sont plutôt extraites périodiquement avec permutation des disques durs amovibles 2GB environ une fois par mois. Les données étaient ensuite expédiées au CNDS à Ottawa pour y être traitées et analysées.
Même si on prévoyait au départ, en l'an 2000, que ce déploiement temporaire durerait au plus quelques années, plusieurs stations étaient toujours en activité au printemps 2006.
Le déploiement de CHASME a amélioré l'analyse des séismes arctiques régionaux. Il nous a permis de localiser de plus petits événements que par le passé et a amélioré la localisation d'événements plus importants en nous donnant une plus grande couverture/quantité de données. La redondance des données est un autre avantage que fournissent ces stations additionnelles en cas de panne de l'une des stations existantes de notre réseau dispersé.