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La menace d’un séisme catastrophique dans le sud-ouest de la Colombie-Britannique

Adapté d’un article paru dans
The BC Professional Engineer en 1995 (vol. 46, no 9, p. 4-8).

J.J. Clague
Commission géologique du Canada, Vancouver (Colombie-Britannique)

P.T. Bobrowsky
British Columbia Geological Survey Branch, Victoria (Colombie-Britannique)

R.D. Hyndman
Commission géologique du Canada, Sidney (Colombie-Britannique)

Depuis la dernière décennie, le grand public est devenu plus conscient que jamais des dangers importants que pourraient lui faire courir les séismes qui guettent le sud-ouest de la Colombie-Britannique et ce, grâce aux médias qui ont fait état des récentes découvertes géologiques et géophysiques faites dans cette région ainsi que des dommages considérables causés par les tremblements de terre qui ont secoué le Mexique (1985), la Californie (1989, 1994) et le Japon (1995). Pendant cette période, les initiatives liées au plan de mesures d’urgence en cas de tremblement de terre se sont multipliées, les écoliers de la région de Vancouver-Victoria ont été plus nombreux à être informés sur les secousses sismiques et certains ouvrages d’importance cruciale, comme les barrages, les ponts, les écoles et les hôpitaux, ont été modifiés ou remplacés pour pouvoir mieux résister aux secousses du sol.

Pour évaluer avec précision les dangers sismiques, il faut connaître les causes, les sources, la fréquence et les conséquences des séismes selon leur magnitude, que l’on peut déterminer par un éventail d’études géologiques et géophysiques. Il faut également établir l’atténuation des secousses à mesure qu’on s’éloigne de l’épicentre et évaluer les conditions locales du terrain.

Les témoignages écrits et les enregistrements sismiques recueillis au cours des 200 dernières années révèlent que le sud-ouest de la Colombie-Britannique et l’État de Washington voisin (Roger, 1992, 1994) ont été secoués par des séismes de magnitude moyenne à forte (6 à 7 sur l’échelle de Richter). Tous les séismes bien localisés ont pris naissance soit dans la croûte continentale de la plaque nord-américaine, soit à une plus grande profondeur dans la plaque océanique de Juan de Fuca, qui s’enfonce sous la plaque nord-américaine à la vitesse de 4 cm environ par année (fig. 1). Jusqu’à récemment, on croyait que les séismes qui frappent la région ne sont que de ces deux types, mais des données bien étayées appuient une autre thèse selon laquelle des séismes de magnitude beaucoup plus forte (8 à 9) ont eu lieu sous le talus continental et la plate-forme continentale au large de la côte ouest à une époque plus ancienne. Ces gros séismes prennent naissance sur la faille chevauchante de 1 000 km qui sépare les plaques Juan de Fuca et nord-américaine dans ce que l’on appelle la zone de subduction de Cascadia.